samedi 24 février 2018

Beaucoup de volailles et de bœufs


« Tous les pays n'avaient évidemment pas les mêmes caractéristiques (géographiques et culturelles) dans l'alimentation. Pour s'en tenir à l'Europe, la France avait de la mauvaise bière (sauf en Alsace), du très mauvais café, etc. Mais l'Allemagne buvait de la bonne bière, l'Espagne buvait du bon chocolat et du bon vin. La France avait du bon pain, de bons vins, beaucoup de volailles et de bœuf. Tout doit se réduire, dans le cadre du Marché commun, à une égalité de la marchandise polluée. Le tourisme a joué un certain rôle, le touriste venant s'habituer sur place à la misère des marchandises que l'on avait justement polluées pour lui. (Le touriste est celui qui est traité partout aussi mal que chez lui : c'est l'électeur en déplacement.) »

(Guy Debord, Abat-faim)

vendredi 23 février 2018

What Erdogan does in Afrin...



Sorry, what did you say ?
War on terror, is that it ?

jeudi 22 février 2018

Songe de Joseph


Derry

Le mur à l'entrée du Bogside, Derry.
Nowadays.

Offre n°067HYMS (pas sérieux, s'abstenir)






Distinction !


« L'analyse des déterminations sociales qui pèsent sur les faits et les théories peut assurément constituer un thème de recherche scientifique, et même tout un champ de travail théorique, mais on ne voit pas bien en quoi ce genre d'études se distinguerait au fond des autres recherches scientifiques spécialisées. L'étude des idéologies ou encore la sociologie du savoir, que l'on a isolées de la théorie critique de la société pour les ériger en disciplines autonomes, ne s'opposent en effet ni dans leur nature ni par leurs ambitions à l'entreprise traditionnelle de classification scientifique. L'effort de la pensée pour se connaître elle-même s'y réduit à révéler les rapports entre positions intellectuelles et appartenances sociales. De par sa nature propre l'attitude critique, dont les visées dépassent celles de la praxis sociale établie, n'est assurément pas plus proche de telles sciences sociales que des sciences de la nature. Ce qui l'oppose à la conception traditionnelle de la théorie, c'est bien moins la différence des objets que celle des sujets. »

(Max Horkheimer, Théorie traditionnelle et théorie critique)

mercredi 21 février 2018

« Entre ici, Tariq Ramadan ! »




Cette délicieuse mise en rapport graphique de Jean Moulin et de Tariq Ramadan vous était offerte par Mme Fanny Bauer-Motti, docteure en psychologie clinique, et par ailleurs récente signataire d'une pétition en ligne exigeant, à l'encontre de ce dernier, un traitement judiciaire simplement «régulier» (M. Ramadan se trouvant, en ce moment même, accusé de viols par deux plaignantes), ainsi que sa «libération immédiate» (il est écroué à la prison de Fleury-Mérogis depuis le 2 février), eu égard à son état de santé. 

Mme Bauer-Motti en profite également, tant qu'elle y est (au bas de cette pétition), pour s'inquiéter d'une utilisation éventuellement partisane (comme l'on dit) de la libération en cours de la parole des femmes, relativement à leurs agresseurs sexuels. «Ce mouvement en faveur des femmes», explique ainsi Mme Bauer-Motti (épaulée là, par exemple, de M. Éric Hazan, éditeur ; Mme Ismahane Chouder, militante féministe ; M. Marwan Muhammad, auteur et statisticien, ou encore de Mme Houria Bouteldja, militante politique franco-algérienne, entre autres), ce mouvement, «qui emporte aujourd’hui une adhésion beaucoup plus large», devrait se voir avant tout préservé du moindre risque «d'instrumentalisation à des fins politiques»

Certains journalistes ont déjà bruyamment noté que la signature de M. Edwy Plenel ne figurait pas au bas de cette pétition. 

Cette perfidie, que nous qualifierions volontiers, en outre, ici, de lâche, de sournoise et de cruelle, ne saurait évidemment être la nôtre. 

21 février transcendantal


«Le travail principal qui me paraît à envisager maintenant, c'est — comme contraire complémentaire de La Société du spectacle qui a décrit l'aliénation figée (et la négation qui y était implicite) — la théorie de l'action historique. C'est faire avancer, dans son moment qui est venu, la théorie stratégique. À ce stade, et pour parler ici schématiquement, les théoriciens de base à reprendre et développer ne sont plus tant Hegel, Marx et Lautréamont, que Thucydide — Machiavel —Clausewitz.»

(Guy Debord, Lettre à Eduardo Rothe, 21 février 1974) 

mardi 20 février 2018

Lumières arabes


« Parmi les fictions dangereuses, il faut compter celles qui tendent à ne faire envisager la vertu que comme un moyen d'arriver au bonheur. Dès lors, la vertu n'est plus rien, puisqu'on ne s'abstient de la volupté que dans l'espoir d'en être dédommagé avec usure. Le brave n'ira chercher la mort que pour éviter un plus grand mal. Le juste ne respectera le bien d'autrui que pour acquérir le double. »

(Averroès, Commentaire de La République de Platon)

Barcelone

Quartier de Vallcarca, à Barcelone. 
Hommage au combattant Baran Galicia, 
tombé à Afrin le 10 février 2018.

lundi 19 février 2018

Altin Gün

Erdogan libère en masse les djihadistes de DAESH (The Region)

(Above) : ISIS members hired by the Turkish Army to 
fight the Kurds in Afrin, january 2018.  

« Why has Turkey decided to free Islamic State suspects in the midst of its assault on Afrin ?

It all happened in the span of a little over two weeks.
According to Ahval news, Gamze Demir, the sister of the prime suspect Yunus Durmaz, was detained in August 2016 after being found with a suicide vest, 20kg of TNT explosives, grenades, weapons and bomb-making equipment. She claimed to not know that this material was in her house. The court demanded that she be released, because, among other things "she has a baby".  
The Ankara bombing by the so-called Islamic State took place on October 10th 2015.
It targeted leftists and activists affiliated with the Peoples' Democratic Party (HDP), a pro-minority, pro-Kurdish, left-wing alliance. Many members of the HDP have since held a position that the Turkish Government allowed for the attack to happen. The Ankara bombing took the lives of 109 and injured more than 500 opposition activists.
On the following day after the story was broken, January 31st, 2018, eighteen suspects in an IS attack targetting Sultanahmed were acquitted. The attack took the lives of 12 German tourists and injured 16. According to Turkish daily Cumhuriyet, a defendant name Abdulrahman Faaiz Rashid was released, although prior to this, he was previously sentenced to a meagre six years imprisonment.
Then on February 4th, 2018, the New York Times reported that thousands of Islamic State fighters escaped Syria, alleging that Western officials say many may have "gone into hiding in countries like Turkey." One Abu Omar, a smuggler on the Syria and Turkey border said he "smuggled about 50 ISIS fighters into Turkey." Mustafa Balli, a spokesman for the SDF, blamed the attack on Afrin for the IS resurgence in Turkey. 
On the following day, Evrensel, a leftist newspaper in Turkey reported on a decision made by the chief public prosecutor of Diyarbakir to acquit 10 Islamic State members, including the "emir of Diyarbakir". The Emir, in particular, was arrested in a shootout between IS and Turkish police officers which took the lives of two officers. Intelligence officials then began to raid multiple homes of IS suspects, finding the emir's fingerprints around houses sheltering guns, explosives, fake documents, and fingerprints. 
A few days later, on February 7th, Patrick Cockburn of the Independent managed to secure an interview with an ex-Isis source who claimed that Turkey's attacks on Afrin were being conducted with recruits from the Islamic State. 
"Most of those who are fighting in Afrin against the YPG are ISIS, though Turkey has trained them to change their assault tactics," he said. 
Cockburn attempted to get a comment from the Turkish embassy, but they did not respond.
Writing for Foreign Policy magazine, analysts Colin P. Clarke, a political scientist at the RAND Corporation and an associate fellow at the International Centre for Counter-Terrorism in the Hauge, and Ahmet S. Yayla, an associate professor at Georgetown University and a former counterterrorism police chief in Turkey, have noted that "some speculate that the release of Islamic State members without explanation could be the result of a backdoor deal with the Turkish intelligence service." 
Yayla in particular claims to have left his job with the Turkish police force after refusing to work with Erdogan's government to allow foreign fighters to pass through the southern Turkish city of Sanliurfa. He seems to insinuate that there is a possibility that Turkey could be collaborating with the Islamic State as well. 
This isn't the first time that the Turkish state has been accused of having links - whether direct or indirect - with the so-called Islamic State either. 
In 2016, David L. Phillips, from the Institute for The Study of Human Rights in Colombia University, New York, released a list of NGO reports, media analyses and International sources which were examined by Columbia University's program on peace-building and rights. Among the allegations recorded by opposition activists, former members of the Turkish Government and International news agencies were claims that Turkey has provided military equipment to IS, logistical assistance to IS, and military training to IS militants
It must be noted, however, that while some news agencies on the list have been reputable, others seem to have had less credibility. 
In a three-year investigative report on the supply chains of the so-called "Islamic State", it was concluded that "Turkey emerged as the paramount source of chemical explosive precursors and a range of ancillary commercial material, which IS forces have used to manufacture IEDs and improvised weapons in a host of connected, centrally managed factories and workshops". 
Commissioned by the European Union and the German Federal Foreign Office, the report entitled "Weapons of the Islamic State: A three-year investigation in Iraq and Syria" was published in December 2017 by the Conflict Armament Research group (CAR). Among the peculiar finds by the CAR was the discovery of ammunition material “for which Turkish authorities were the intended end users" in Iraq and Syria. On 22 May 2017, the CAR discovered ammunition that was manufactured in Bosnia but exported to the Turkish government in the late 1990’s. They reached out to Bosnian authorities who confirmed that the crates were exported to the Ministry of Internal Affairs in Turkey in 1998.
"How IS forces gained custody of this material is unclear", the report reads, "but at the time of recovery, no other force in the region has been deploying these weapons or this ammunition, nor were they legally available on Turkey's civilian markets." The CAR reached out to the Ministry of Internal Affairs in Turkey, but they received no response. 
At the time of writing, and in the span of fewer than two weeks, multiple IS detainees suspected of bombings in Istanbul, Ankara, and Gaziantep, have been released. A day has passed since we received news that 6 journalists have been detained on charges including "attempting to overthrow the state", and of "having membership in a terrorist organisation." Whereas some IS suspects face charges under 10 years, and others have been freed, these journalists face life imprisonment. 
The Region considered reaching out to the Turkish embassy for an explanation but thought that this exercise would probably be futile. »

(from The Region, 17 / 02 / 18) 

samedi 17 février 2018

50 nuances de gueux

« Le secrétaire d'Etat Julien Denormandie est revenu dimanche sur RTL sur le chiffre qu’il avait avancé le 30 janvier dernier sur France Inter de 50 "hommes isolés en Ile-de-France" qui dorment dans la rue. »

(Europe 1, 11 janvier 2018)

vendredi 16 février 2018

Dans l'étau


Est-ce donc ainsi que le piège va finalement se refermer ? Le régime fasciste turc actuel, fort de son alliance tactique avec Poutine, avance partout, sur le plan diplomatique, sans rencontrer aucune résistance. L'Europe libérale (France, Allemagne) est littéralement tétanisée par la crainte d'une nouvelle arrivée massive de migrants, endurant de fait, de la part d'Erdogan, les dernières insultes et humiliations publiques. Les Yankees, quant à eux, obsédés (à juste titre de leur point de vue) par la montée en puissance conjointe dans la région des Russes et des Iraniens, craignent par-dessus tout une sortie turque de l'OTAN. Et il semble bien, à écouter, d'une part (ci-dessus) les déclarations de Rex Tillerson suite à sa très éprouvante visite à Ankara (au cours de laquelle les erdoganistes les plus officiels lui promirent notamment rien de moins qu'une "gifle ottomane" en bonne et due forme s'il s'obstinait à se mettre en travers de leur chemin) ; à lire, d'autre part, le communiqué final turco-américain quant à une éventuelle sortie de crise entre ces deux soi-disant alliés (voir ci-dessous), que l'on s'achemine vers un abandon des Kurdes de Syrie, non seulement à Afrin mais encore à Manbij, et généralement partout à l'ouest de l'Euphrate. Reste à voir les modalités concrètes de l'accord, qui devraient être formulées d'ici la mi-mars. Peut-on encore parier sérieusement sur la roublardise des ricains ? C'eût été faire trop de plaisir, pour rien, à Poutine et Assad que de risquer une attaque turque (suivie de ses représailles nécessaires) sur les bases US de Manbij. Nous posions voilà peu la question de savoir qui, dans cette affaire, mangerait in fine son chapeau. Cette question paraît avoir aujourd'hui trouvé sa réponse. Et ce chapeau risque bien d'être un Stetson. La dernière résistance opposée à la progression de l'islamo-fascisme turc est donc de type militaire : elle est le fait des combattantes et combattants kurdes et de leurs amis internationalistes, lesquels n'ont plus rien à perdre, ou plutôt : plus rien d'autre à tenter d'éviter qu'un gigantesque massacre, du type de celui perpétré jadis contre les Palestiniens à Sabra et Chatila, sous l'oeil complice d'Israël. Or, cette résistance militaire n'est ni vaine ni absurde : elle est effective, forte, et constitue à ce titre un paramètre essentiel de la crise. L'armée turque et ses supplétifs djihadistes (il est connu de tout l'univers que la soi-disant Armée Syrienne Libre d'Afrin se trouve composée, pour l'essentiel, d'anciens membres de Daesh soucieux de prendre leur revanche de Kobané, ou d'Al-Quaïda) n'ont en effet, en un mois, récupéré qu'environ sept pour cent de l'enclave kurde. C'est peu. Leurs adversaires se sont vraisemblablement préparé(e)s depuis des années à l'opération, en termes de logistique (armes légères, missiles anti-char, tranchées, tunnels). La guerre se déroule désormais au coeur de montagnes et de vallées encaissées, dont les Kurdes sont familiers. Le temps joue ainsi pour eux, qui peuvent espérer - outre l'enlisement coûteux, à tous points de vue, d'Erdogan - nouer des alliances formelles, extrêmement embarrassantes pour les blocs étatiques en présence, avec les troupes loyalistes du boucher Assad. Des divergences sont clairement apparues ces derniers temps (voir à ce sujet le shotdown mystérieux du SU 25 russe dans la zone d'Idlib, ou l'attaque d'artillerie menée plus tard dans le même coin contre les troupes turques qui s'y installaient), entre le boucher en question et son protecteur russe : elles ont pour conséquence de menacer la nouvelle alliance poutino-erdoganienne. Étant donné qu'en théorie, tout le monde respecte - la main sur le coeur - l'intégrité territoriale syrienne, un déboulement, fût-il symbolique, des baassistes légitimistes devant les frontières turques, accroîtrait sans aucun doute le désordre ambiant. C'est à établir ce type de désordre généralisé que les Kurdes vont à présent travailler. Tel est désormais pour eux - outre la valeur militaire de leur admirable héroïsme - l'unique espoir d'éviter la tuerie de masse qui s'annonce. 
***
Joint Statement on Turkey-U.S. Strategic Partnership Share
Media Note
Office of the Spokesperson
Washington, DC
February 16, 2018

The Republic of Turkey and the United States, as allies and strategic partners, reaffirm their mutual and unequivocal commitment to each other’s security and defense.

As Allies within NATO and strategic partners for over 65 years, both nations consider their relations as vital to furthering their shared goals and interests, as well as to the promotion of democracy, rule of law and individual freedoms throughout the world.

The United States condemns the heinous coup attempt that took place in Turkey on July 15, 2016 and stands in full solidarity with the democratically elected Government of Turkey and the Turkish people.

In the spirit of our longstanding alliance, we reaffirm our commitment to resolving outstanding issues in the bilateral relationship. The two sides agreed to establish a results-oriented mechanism for this purpose. This mechanism will be activated no later than mid-March.

We reaffirm that our common agenda is a global one, which includes many critical issues ranging from the fight against terrorism, countering proliferation of weapons of mass destruction, bringing lasting peace and stability to the Middle East including in Syria and Iraq, ensuring energy security and combatting radicalism, violent extremism and Islamophobia.

The Republic of Turkey and the United States, as longstanding Allies, reaffirm their determination to jointly combat terrorism in all its forms and manifestations. Turkey and the United States reiterate their resolve to fight against DAESH, PKK, Al Qaeda, and all other terrorist organizations and their extensions. We recognize the right to self-defense of our countries against terrorist threats directly targeting our nations.

Turkey and the United States reaffirm their commitment to the preservation of the territorial integrity and national unity of Syria. To this end, we will decisively stand against all attempts to create faits accomplis and demographic changes within Syria, and are dedicated to coordination on transition and stabilization of Syria.


Recognizing the fact that there can only be a political solution to the Syrian crisis, and that it requires a viable political transition, Turkey and the United States agree to intensify their cooperation to bring about this result within the framework of established parameters, namely the UNSC Resolution 2254, and through the Geneva process.

Free

Deniz Yücel, ce vendredi, au sortir de sa geôle.

jeudi 15 février 2018

Anarchistes des Lumières


« Si la question de l'éducation a revêtu pour les anarchistes individualistes qui se reconnaissaient dans le mouvement initié par Libertad à travers les Causeries populaires et l'hebdomadaire l'anarchie une importance cruciale, c'est parce qu'ils étaient convaincus qu'un changement de société institué brutalement à l'issue d'une révolution ou d'une insurrection, ne saurait avoir d'effets positifs s'il n'avait pas été précédé d'une évolution des mentalités. La capacité à bâtir un monde plus solidaire et plus libre dépendait d'une éducation préalable à laquelle les masses ouvrières n'avaient pas eu accès et que l'école publique n'avait pas pour but de dispenser. Selon Paraf-Javal, qui avait initié le mouvement des Causeries populaires aux côtés de Libertad, une organisation sociale défectueuse, renversée par des individus porteurs d'une mentalité acquise en son sein, ne pouvait déboucher que sur une société également défectueuse. Les individualistes estimaient que l'abaissement des masses ouvrières du fait de l'ignorance, de l'alcoolisme et de l'obéissance aux préjugés rendait de toute façon fort improbable la survenue d'une révolution. Sans élévation du niveau de conscience et de combativité des opprimés, elle ne pourrait être l'oeuvre que d'une étroite élite, d'une minorité consciente, et le risque était grand alors qu'advienne une société plus autoritaire encore, un ordre social au moins aussi inique. (...)

L'émancipation individuelle n'était pas seulement le moyen de parvenir à un monde meilleur, elle avait en elle-même une valeur, était à elle-même sa propre fin. Les anarchistes individualistes, ouvriers dans leur grande majorité, sans diplômes et sans avenir social, refusaient une condition sociale impliquant l'étouffement d'une grande partie de leurs potentialités et le renoncement à toute forme de vie meilleure. Ils ne voulaient contraindre ni leurs corps, ni leur esprit et entendaient développer jusqu'à l'extrême toutes leurs aptitudes sur le plan physique, intellectuel, artistique, émotionnel, sensuel. (...)

Les individualistes estimaient de manière générale qu'il ne fallait pas laisser l'Église et l'État se disputer seuls le monopole de l'éducation, mais devant la difficulté à créer des structures indépendantes, il fallait plutôt s'efforcer d'insuffler un esprit nouveau à l'intérieur même des écoles existantes. Pour toucher le maximum d'enfants, Émilie Lamotte préconisait de créer des ateliers d'étude après la classe pour compléter les leçons par l'expérience, et pour expliquer sur des exemples les devoirs donnés par le maître. De telles initiatives, réalisables à peu de frais, pouvaient contribuer à rendre les enfants moins passifs, plus questionneurs, à semer, écrivait-elle, des graines de zizanie. »

(Anne Steiner, in Philosophie de l'anarchie)

mercredi 14 février 2018

Appel du 13 février 2018


Plusieurs combattants révolutionnaires étrangers sur le front d’Afrin (hors les partis révolutionnaires turcs) ont annoncé ce 13 février 2018 la fondation d’une nouvelle brigade de volontaires internationalistes. Vous trouverez ci-dessous leur déclaration de fondation :

Nous sommes un groupes de communistes, socialistes, anarchistes et antifascistes, venus des quatre coins du monde. Même si nous venons de différents courants d'idée et de différents contextes culturels, nous sommes unis au Rojava par les principes de solidarité, d’internationalisme et d’antifascisme. De Manbij à Raqqa, nous avons combattu avec les YPG-YPJ, les Forces démocratiques syriennes (FDS) et un grand nombre de forces révolutionnaires turques contre la barbarie de Daesh. Nous sommes à nouveau réunis à Afrin pour combattre le fascisme, l’impérialisme et le terrorisme aux côtés de nos camarades. 
Les internationalistes ont versé leur sang pour lutter contre le fascisme. De la martyre Ivanna Hoffman, l’une des premières internationalistes au Rojava, au martyr Michael Israel, assassiné par une frappe aérienne turque à Manbij, au martyr Jac Holmes, tombé à Raqqa alors que la capitale de Daesh était libérée par les forces antifascistes, nous honorons les martyrs en poursuivant leur combat. La résistance à Afrin est l’un des moments des plus critiques dans la lutte contre le fascisme de notre époque. Le moment d’agir, c’est maintenant. Nous appelons à la solidarité internationale avec la lutte d’Afrin. Nous appelons les révolutionnaires internationaux déterminés à rejoindre notre lutte. Nous appelons également à des actions civiles larges contre l’État turc à travers le monde. Par l’unité nous triompherons. Par la solidarité, nous vaincrons nos ennemis.

Shéhid namirin ! Bijî berxwedana Efrîné !
Mort au fascisme ! Mort au colonialisme !
Vive la solidarité internationale !


Forces Antifascistes à Afrin (Antifascist Forces in Afrin – AFFA)
Brigade Michael Israel,
le 13 février 2018.

Parade